Saturday, February 12, 2011

LA MIRAP POURRA-T’ELLE EMPÊCHER LES EMEUTES DE LA FAIM ?



C’est dans le cadre de la lutte contre la vie chère engagée au lendemain des émeutes de la faim de février 2008 que le président Paul Biya vient de décider la création de la MIRAP. Peut-elle réussir sa mission ?


La Mission de Régulation des Approvisionnements des Produits de grande consommation (MIRAP) a été crée par décret présidentiel le 1er février 2011 avec pour mission principale de garantir le ravitaillement des marchés camerounais en produits de première nécessité, par l’importation, l’achat et le stockage. La création de cet organisme a suscité de vives réactions de la part de leaders des mouvements de défense des agriculteurs à l’instar de Bernard Njonga, le président l’Association de défense des intérêts collectifs (Acdic) et par ailleurs porte-parole de la Coalition souveraineté alimentaire du Cameroun (Cosac). Ce dernier s’est notamment indigné de ce que cette mesure vienne en contradiction au discours du comice d’ Ebolowa où le chef de l’Etat avait annoncé un train de mesures destinées à renforcer la souveraineté alimentaire du Cameroun afin de réduire le volume trop important des importations agricoles. Or la mission première de la MIRAP est d’assurer l’approvisionnement des marchés en denrées de premières nécessité à l’instar de du riz, du poisson, de la farine de blé, du sucre et de l’huile pour ne citer que les principales. Seulement, il se trouve la quasi-totalité de ces denrées est importée. Ce changement de cap du chef de l’Etat au lendemain du comice d’Ebolowa ne traduit-il pas plutôt une préoccupation purement conjoncturelle liée au contexte sociopolitique en cette année électorale ?

Un paratonnerre aux émeutes de la faim (aux soulèvements populaires)

La survenance des crises sociopolitiques qu’ont connues la Tunisie et l’Egypte en ce début d’année a mis en évidence le risque de soulèvement populaire qui pèse sur les pays comme le Cameroun qui ont du mal à contenir la pauvreté et le chômage des jeunes. C’est certainement en anticipation et en prévision à ces risques que le président Paul Biya a crée la MIRAP afin de stabiliser les prix des produits de première nécessité. En effet, malgré l’activisme et le zèle déployé par le ministre du commerce, Luc Magloire Atangana Mbarga, les prix ont connu de fortes pressions inflationnistes dues à la concomitance de la volatilité des marchés mondiaux et à des comportements de spéculation sauvage imposés par les opérateurs nationaux. C’est donc non seulement pour faire face à l’échec des précédentes mesures contre la vie chère, mais aussi pour anticiper sur les risques de mécontentements sociaux que le président Biya, en fin stratège, a décidé de prendre le contrôle de la situation. La question consiste donc à évaluer les chances de réussite de la MIRAP ainsi que l’impact qu’elle aura sur l’économie nationale en particulier l’agriculture.


Une marge de manœuvre très réduite.

Si à l’évidence, cette décision traduit la préoccupation des pouvoirs publics quant à la pénurie chronique des produits de consommation courante, elle laisse néanmoins dubitatifs les consommateurs quant à sa pertinence. C’est une réponse administrative dont l’opportunité et la pertinence reste à démontrer. En effet, les conditions et les délais de mise en œuvre dans le court terme sont hypothétiques, ce dans la mesure où la création de la MIRAP n’était pas prévue un mois auparavant, sinon elle aurait été annoncée pendant le comice d’Ebolowa. Par ailleurs, lorsque l’on sait le temps qu’il faut pour mettre en place l’organisation de la structure, nommer le staff dirigeant, recruter le personnel et mener les études techniques diverses, l’on  est tenté de croire à la naissance d’un nouvel éléphant blanc qui viendra s’ajouter une liste déjà bien longue. D’autre part, sur un plan purement opérationnel, on se demande où seront stockés ces produits (entrepôts frigorifiques, silos, etc.) et comment ils seront vendus, lorsque l’on sait la capacité de contrôle des gros distributeurs sur les chaînes d’approvisionnements des marchés de gros de semi-gros et de détail. Une rude bataille s’annonce donc avec les importateurs qui disposent de réseaux capables de déstabiliser le système par des actions concertées dont il s’agit de déterminer le timing avec malveillance.

Une bonne idée en soi.

L’idée à la base de la création de la MIRAP aurait été louable si elle s’inscrivait simplement dans le cadre de la politique stratégique de souveraineté de l’Etat. En effet, on remarque que toutes les grandes nations du monde disposent de très importants stocks de sécurité pour tous les produits alimentaires. Ceci permet de prévenir des situations de crise ou de catastrophes naturelles. Cela permettrait par exemple de faire face aux menaces de crise alimentaire qui affectent souvent la survie des paysans de la partie septentrionale du Cameroun. Ce stock permettrait donc également de garantir aux producteurs locaux des débouchés certains et une stabilisation des prix pendant les années de surproduction sur le modèle de ce que fit Joseph en Egypte. Malheureusement, nous ne sommes que trop habitués de grandes annonces, de lancements de projets pharaoniques, de créations de grandes structures et institutions dont la mise en place reste embryonnaire et l’effectivité nulle. Que sont devenues toutes ces structures à l’instar de l’API (Agence de promotion des Investissements) dont l’action sur le terrain reste attendue. Et que dire de la Banque agricole récemment créée ? L’on sait combien de tems il a fallu pour nommer le staff dirigeant de la Camair Co ; et pour celles qui existent on se demande à quoi elles servent. Citons par exemple le conseil national de la communication qui n’a pas de président ou  le conseil national de la jeunesse dont on a plus entendu parler après avoir fait croire aux jeunes qu’elle leur apportera l’attention qu’ils méritent.

Il apparaît au terme de l’analyse que la création de la MIRAP, au-delà du fait qu’elle risque d’accroître le volume des importations et miner ainsi la production locale comme le redoutent plusieurs, n’a que peu de chance d’accomplir avec succès sa mission qui est celle d’apaiser les tensions sociales. S’il est fort possible à l’Etat d’acheter des produits et infléchir les tensions sur les marchés au regard des budgets de souveraineté que s’est octroyé l’Etat en 2011, il est illusoire de penser que ces actions de saupoudrage permettront de résoudre le véritable problème des jeunes et des pauvres qui reste et demeure le chômage.

Francis Bidjocka

Publié dans le Journal La Symbiose

Tuesday, February 8, 2011

TSIMI EVOUNA : L’HOMME PAR QUI VIENDRA LE MAL.



Après avoir été un des responsables des émeutes de la faim en février2008, le voilà à nouveau au cœur du mouvement de révolte qui a conduit les petits commerçants du marché de mokolo à affronter les forces de l’ordre le 15 décembre dernier. A force de jouer avec le feu…

Tsimi Evouna est sans conteste la personnalité la plus controversée qu’a produit  le régime Biya au cours des cinq dernières années. Bâtisseur visionnaire pour les uns, despote inhumain pour les autres, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé ne laisse personne indifférent.

A son actif, de nombreuses réalisations : constructions de nouvelles avenues dans le périmètre urbain, aménagement des ronds points et jardins publics, disparition de plusieurs taudis, ramassage systématique des ordures et même balayage des rues. Le symbole de son action  se décline plutôt par une série de réalisations de prestige à l’instar du bois sainte Anastasie (jardin aménagé au cœur de la ville), de l’échangeur « compliqué » du rond point de la préfecture, des travaux d’embellissement des ronds points, des trottoirs et terre-pleins ici et là.

Le bilan matériel semble flatteur, pourtant de nombreuses zones d’ombre subsistent.  L’échec le plus patent de la politique de Mr Tsimi Evouna est sans doute le fiasco du projet de construction de la cité Ongola à l’emplacement de l’ex camp sic Tsinga. La gestion de ce projet a permis de mettre a nu les méthodes peu orthodoxes du délégué du gouvernement. Celles-ci se manifestent par le non respect des procédures réglementaires et managériales de base. Ainsi, la quasi-totalité des marchés passés par la communauté urbaine le sont en violation du code des marchés publics qui imposent aux maîtres d’ouvrage de recourir à la compétition et à la transparence dans le cadre des appels d’offres publics.

L’agence de régulation des marchés publics (ARMP) a relevé de nombreuses irrégularités dans la passation des marchés de la communauté urbaine de Yaoundé. On peut entre autres citer le démarrage voire l’exécution de plusieurs chantiers en l’absence d’avis d’appel d’offres. Interpellé par le directeur de l’agence des marchés, Mr Tsimi evouna lui rappelle  dans une correspondance qu’il est « tenu à une obligation de résultats » et qu’en «  l’état actuel de la réglementation sur les marchés publics, il n’est pas toujours possibles de les atteindre ». Cette attitude est paradoxale lorsque l’on sait que Mr Tsimi Evouna s’est toujours appuyé sur les lois afin de mener sa politique de déguerpissement. Toutefois il devra tôt ou tard répondre car les  passations des marchés en violation du code des marchés peuvent être dans le cas d’espèces assimilées à des détournements de fonds. Rappelons que la majorité des faits reprochés aux victimes de l’opération Epervier découle de la violation des procédures de passations des marchés (que ceux-ci soient réalisés ou pas). Mr Tsimi Evouna ne doit pas interpréter le silence des autorités gouvernementales et judiciaires comme une approbation (d’aucuns ont commis cette erreur à leurs dépens). Moralité : « on vous servira dans la mesure dont vous serez servis ».

Une violence omniprésente.

La violence qui caractérise l’action du délégué du gouvernement auprès de la commune urbaine de Yaoundé, a atteint une ampleur qui commence à inquiéter parmi ses plus fervents supporters. A son actif on peut citer entre autres, la destruction des quartiers Ntaba –Nlongkak, Hippodrome, Messa-Carrefour Lissouck, Derrière combattant, Briquetterie face Palais des sports. C’est plus de 10 000 personnes qui ont ainsi été jetés dans la rue sans aucun ménagement. Au niveau économique, les populations sont témoins des agressions quotidiennes des agents de la CUY. En plus des casses sauvages sur des boutiques et comptoirs dans les différents marchés et quartiers , des motocyclettes sont brutalement arrachées par des miliciens du super maire en dehors des procédures classiques d’interpellation, des marchandises de pauvres femmes sont écrasées dans les marchés, les sauveteurs sont pourchassés, les petits commerçants ambulants sont traqués.

L’action aveugle de Mr Tsimi Evouna est une grave menace pour la paix sociale. L’on se souvient qu’en 2008, la grève des transporteurs avait été motivée en partie par un arrêté de la CUY durcissant les conditions de stationnement des taxis. Récemment nous avons vu la violence se déployer au marché Mokolo à cause du harcèlement incessant de ses agents. Ces quelques escarmouches cachent un malaise profond et des conséquences plus que dramatiques. On observe une insécurité grandissante liée à une dégradation des moeurs dans la ville de Yaoundé. Cette situation est intenable et on peut prévoir qu’en 2011, année électorale,  une explosion aura lieu. En effet, comment comprendre que l’on interdise la « débrouillardise » dans une ville où plus de 70% de la population vit du secteur informel et où 40% vit en dessous du seuil de pauvreté (statistiques de l’institut national de la statistique).
Cette attitude va même à l’encontre de la politique de lutte contre la pauvreté menée par le gouvernement et les institutions internationales, l’on ne saurait comprendre l’acharnement du Délégué de ce même gouvernement à détruire le tissu fragile du secteur informel dont il a été démontré qu’il constitue un véritable levier de lutte contre la pauvreté et partant de création de l’économie. Il nous revient que le rapport Attali commandé par le président Sarkozy pour lutter contre le chômage a prescrit l’augmentation du nombre de taxi, de coiffeurs et autres petits métiers. La France vient même de créer le statut d’auto entrepreneur. Si dans des pays avancés l’on reconnaît l’apport du secteur informel, au Cameroun nous avons un « petit blanc » nommé  TSIMI EVOUNA qui se veut plus royaliste que le roi et qui veut transformer la ville en une cité aseptisée au profit des riches, car dit-il « on ne vient pas à Yaoundé pour se débrouiller ! »

 Une chose est sûre, si Mr Tsimi Evouna n’arrête pas de détruire les sources de revenus d’honnêtes petites gens, de déguerpir les trottoirs des marchés pour aussitôt y installer des boutiques haut standing, l’année 2011 sera l’occasion de tous les bilans et de tous les dangers.



Francis BIDJOCKA

BIYA – FRU NDI : VERS UNE SOLUTION DE PARTAGE DU POUVOIR.



L’opération de charme menée par le président Biya à l’endroit de John Fru Ndi et de toute la région du Nord Ouest, le chairman du Social Democratic Front (SDF), au-delà d’une simple volonté de détente ou de décrispation du climat politique, s’inscrit dans une approche stratégique de coopération pour la consolidation du pouvoir. Décryptage.

Qu’est ce qui a bien pu se passer pour que le chef de l’Etat du Cameroun, personnalité si difficilement accessible, accepte de descendre de son piédestal pour solliciter une rencontre avec John Fru Ndi dans son fief de Bamenda ? Pour qui connaît le « code » de fonctionnement du président Biya,  il apparaît que celui-ci, en fin stratège, n’agit que lorsque les circonstances l’exigent. L’analyse stratégique des forces en présence dans la configuration et le contexte lié à l’agenda politique de l’année 2011 permet de dévoiler les principaux enjeux et atouts dont disposent les différents protagonistes.

Une année 2011 particulièrement dense.

L’agenda politique de l’année 2011 s’annonce particulièrement chargé. Dans la perspective des élections présidentielles prévues au mois d’octobre, il sera question d’appuyer l’action de ELECAM afin qu’elle puisse mener à bien sa mission d’organisation d’élection transparentes et crédibles. Puis, l’actualité devrait être marquée par l’organisation du congrès du RDPC avec à l’ordre du jour le renouvellement des membres décédés du comité central et la désignation de Paul Biya comme candidat à l’élection présidentielle. Le 1er octobre 2011 devrait marquer la fin des festivités liées à l’organisation du cinquantenaire de la réunification qui se tiendra à Limbé. C’est donc dans la foulée de cet évènement que se tiendra l’élection présidentielle d’octobre-novembre 2011. A ces échéances politiques vont s’ajouter des actions économiques spectaculaires telles que le comice agropastoral d’Ebolowa, le probable lancement des travaux du barrage de Lom Pangar, du barrage de Memvélé, du port en eau profonde de Kribi, de l’usine à gaz de Kribi, du deuxième pont sur le Wouri, de l’université de Bamenda, etc.

Si le président Biya semble disposer de tous les atouts pour rempiler un nouveau mandat, l’observateur non averti peut s’étonner de l’opportunité d’une rencontre avec le chairman du SDF. En fait 2011 est une année pleines d’incertitudes dues notamment à la fragilité du processus démocratique au Cameroun tels que l’ont relevé les rapports de nombreux instituts tels que l’International Crisis Group qui a deux reprises tiré la sonnette d’alarme sur le risque de crise politique au Cameroun en 2011. A cela viennent s’ajouter les mauvais points attribués au pays par des ONG internationales comme Transparency International, Reporters sans frontières, le Foreign Policy ou le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement  dont l’action a entraîné l’ouverture d’une information judiciaire contre Paul Biya en France. D’autre part, les bailleurs de fonds internationaux posent la bonne gouvernance et la démocratie compétitive comme préalable à toute intervention. De plus, il est clair que peu nombreux sont les investisseurs qui peuvent prendre le risque d’investir dans un pays à démocratie faible dans une année électorale. La légendaire prudence des investisseurs devrait plutôt les pousser à l’attentisme quant au démarrage effectif des différents chantiers avant la fin de l’élection présidentielle ; les controverses autour d’ELECAM les y conforteront.

L’analyse des enjeux.

La minimisation du risque de crise politique au Cameroun imposait donc au président Biya d’entamer un rapprochement avec le leader de l’opposition afin d’apaiser le climat politique et d’offrir des gages de bonne volonté à nos différents partenaires internationaux. Pour être effective cette démarche d’apaisement doit se poursuivre jusqu’à l’obtention d’un accord politique ou tout au moins d’un code de bonne conduite. Or tout accord nécessite une négociation qui tient compte des intérêts des uns et des autres.

Du côté du président Biya, l’objectif est non seulement de briguer un nouveau mandat, mais aussi de faire de celui-ci le point d’achèvement de son ambition déclarée d’être celui qui aura conduit le Cameroun à la démocratie et à la prospérité. Or au soir du présent septennat, le programme des grandes ambitions n’est qu’au stade du lancement. Paul Biya ne voudra certainement pas sortir par la petite porte de l’histoire en laissant à son successeur l’honneur de réaliser ce qu’il n’aura que rêvé. Pour y parvenir il a besoin d’être réélu à l’issue d’un scrutin transparent, équitable et crédible aux yeux de l’opinion internationale très tatillonne sur le sujet.  De plus il n’a pas intérêt à ce que l’agitation électorale vienne refréner l’ardeur des investisseurs étrangers.

Du côté du chairman Fru Ndi, la présidentielle de 2011 est une nouvelle occasion d’accéder à la magistrature suprême même si les chances semblent faibles. Toutefois l’espoir est toujours permis lorsque l’on sait qu’aucune élection n’est jamais gagnée d’avance. D’autre part l’on sait sa capacité de mobilisation d’une certaine opinion nationale et internationale, le SDF représente un acteur incontournable dont le poids peut infléchir le destin national. Pour ce faire le principal levier dont le SDF dispose est le problème de l’indépendance et du fonctionnement d’Elecam. Jusque là son mot d’ordre de non inscription sur les listes électorales semble porter ses fruits puisqu’à ce jour le rythme des inscriptions est très timide.

Vers un accord gagnant-gagnant

Une chose est sûre, l’agenda politique et économique de 2011 devrait sauf accident devoir mener le président Biya à la victoire. Seulement le vieux lion est prudent et ne peut pas prendre le risque de laisser trop d’indépendance à Elecam. Fru Ndi quant à lui peut s’appuyer sur cette faiblesse du dispositif électoral pour ameuter l’opinion nationale et internationale.
L’expérience politique récente en Afrique montre qu’un régime installé au pouvoir depuis longtemps peut faire un hold up électoral au mépris de la communauté internationale. Or ce genre de procédés a de fâcheuses conséquences sur les relations avec les investisseurs étrangers. La stratégie gagnante consisterait donc pour le SDF de signer une alliance consistant à laisser Biya gagner les élections afin d’obtenir de lui la mise en place de toutes les dispositions constitutionnelles d’une part et d’autre part de participer à un accord de gouvernement qui leur permettra d’engranger une expérience significative de la gestion des affaires publiques et de pouvoir compétir à armes égales la présidentielle d’après 2011.  Les bénéfices pour le camp présidentiel seraient de bénéficier d’un climat politique apaisé, d’une gouvernance meilleure, toutes choses qui permettraient de mener à bon port la politique des grandes ambitions. Cette approche ferait également l’économie de toute l’agitation qui accompagne les processus électoraux en Afrique. Une vraie solution à l’Africaine.

Francis Bidjocka.









Tuesday, January 11, 2011

LES CHIFFRES QUI ACCABLENT LE CAMP GBAGBO.




Le scénario catastrophe tant redouté à l’issue du scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire est en train de se réaliser devant les yeux d’une communauté nationale et internationale en état de choc. Ainsi, les engagements d’acceptation des résultats proclamés par les instances appropriées n’ont pas été tenus par les deux protagonistes, et pour cause, l’un des camps a triché, agissant traîtreusement.


Un coup bien préparé.
Dès son premier discours de campagne du deuxième tour de la présidentielle ivoirienne, Laurent Kodou Gbagbo donnait le ton en disant qu’il n’accepterait jamais que ceux qui ont organisé les coups d’état puissent accéder au pouvoir. Ce type de déclarations multipliées par le camp présidentiel laissait planer une menace sur la possibilité de non acceptation des résultats du scrutin s’il s’avérait que le candidat Ouattara en fut le vainqueur. Ainsi lors du face à face Alassane Ouattara n’avait de cesse de demander au président Gbagbo de s’engager à respecter les résultats proclamés par la CEI. A peine y consentait-il qu’il proclame à la surprise générale l’annonce d’un couvre-feu sur l’ensemble du territoire. Dès le lendemain des élections, les porte-parole du président Gbagbo multipliaient les déclarations tendant à remettre en cause les résultats éventuellement produits par la CEI. Le passage à l’acte s’est traduit par des violences publiques sur la personne de Youssouf Bakayoko, le président de la CEI et par le déguerpissement manu militari des journalistes présents sur la scène.

La course contre la montre.

Il aura fallu toute la détermination du représentant des nations unies, Yong Jin Choi, ainsi que celles du premier ministre Guillaume Soro pour faire proclamer in extremis les résultats provisoires par le président de la CEI un jour après le délai de trois jours a lui alloué. Dès lors le temps était tellement compté pour le conseil constitutionnel qu’il allait évacuer le  volumineux contentieux électoral en tout juste trois heures et proclamer dans la foulée des résultats diamétralement opposés à ceux de la CEI. Comment expliquer que le conseil constitutionnel n’ait pas pris plus de temps (elle dispose d’un délai de 7 jours) pour examiner les nombreux recours introduits par le camp présidentiel, et comment comprendre qu’elle ait entrepris d’annuler les scrutins dans sept départements sur la seule base de dénonciations et rapports d’auditions, sans tenir compte des rapports des multiples observateurs nationaux et internationaux. Il faut même relever que le conseil constitutionnel a pris moins de temps pour statuer sur les recours du premier tour (introduits par Konan Bédié) que sur ceux ayant privés plus de 500 000 citoyens ivoiriens de leur droit de vote. En effet le conseil constitutionnel a attendu le Samedi soit 6 jours après le scrutin pour valider les résultats  en déclarant par la bouche de Paul Yao N'Dre, son président, que :"Les procès verbaux ne relèvent aucune irrégularité de nature à endommager la sincérité du scrutin et à affecter les résultats d'ensemble ».
Or dans le cas des recours formulés par le camp présidentiels, il n’était plus question de statuer sur la base des procès verbaux mais sur les accusations non attestées sur le plan juridique. Seulement, aucun crime n’est parfait, surtout s’il est exécuté en si peu de temps. Dans leur précipitation, et peut être à cause de leur formation  littéraire,  les « augustes magistrats » du CC ont commis de flagrantes erreurs de calcul sur lesquelles personnes ne s’est jusqu’alors appesanti.

De grossières erreurs de Calcul.

En effectuant ses calculs, le conseil constitutionnel a commis une erreur de calcul monumentale. Selon les chiffres transmis par la commission électorale indépendante le taux de participation se situait à près de 73% soit 4 076 680 suffrages exprimés. Après avoir annulé les suffrages dans 7 départements représentant 13% des suffrages exprimés soit exactement 530 485 voix, le nombre de votants aurait dû descendre à 3 546 195 et non à 3 993 209 tels que présentés par le conseil constitutionnel. Il s’avère donc qu’il y a 447 014 voix de trop dans les chiffres transmis par le CC. Le tableau ci-dessous met en évidence l’incohérence des résultas produits du conseil constitutionnel.

Suffrages
exprimés
Résultats 
provisoires 
de la CEI
Voix annulées par le CC
Résultats 
erronés 
mal 
calculés 
par le CC
Résultats
du CC
 corrigés
par la rédaction
Gbagbo
1 877 088
(46%)
45 033
 (1.11%)
2 054 537 
(51,45%)
1 832 055
(51.66%)
Ouattara
2 199 592
(54%)
485 452
 (11.89%)
1 938 672
(48,55%)
1 714 140
(48.33%)
Total
4 076 688
(100%)
530 485
(13%)
3 993 209
 (100%)
3 546 195
(100%)

Les tableaux ci-dessous présentent les résultas obtenus par les différentes parties dans les sept départements (appartenant aux régions des savanes, de la Vallée du bandama et du Wordougou) dont les votes ont été annulés. L’analyse des résultats non contestés dans les dites régions au premier tour  montrent que le score obtenu par Alassane Ouattara lui assure une victoire confortable au second tour même si toutes les voix du candidat Bédié était octroyées à Mr Gbagbo.


Résultats obtenus dans les régions contestées au premier tour.
Région
BEDIE
GBAGBO OUATTARRA

Savanes
4 ,92 %
6,50 %
85,90 %
Vallée du Bandama
38,56 %
9,41 %
49 ,85 %
Worodougou
4,12 %
6,94 %
87,13 %
Localité
Ouattara
Gbagbo
Ferkessedougou
97.31 %
3.29 %
Katiola
86.33 %
13.66 %
Boundiali
89.69 %
10.31 %
Dabakala
95.02 %
4.98 %
Séguéla
95.6 %
4.4 %
Bouaké
75.71 %
24.29 %
Korogho
96.42 %
3.57 %
Total
91.51 %
8.48 %

Résultats obtenus dans les régions contestées au second tour.



  








La vérité finit toujours par triompher.

Le débat sur la légitimité ou la légalité entre les  différents présidents de la Côte d’ivoire a ici été tranché par les chiffres et ceux-ci n’admettent pas de débats juste des démonstrations. Un plus un ne feront toujours que deux et c’est indiscutable ! Le maître Jésus Christ a dit :  « Si le sel perd sa saveur, avec quoi le lui rendra t-on ? Il n’est bon qu’à être jeté dehors et être foulé au pied. » Lorsqu’un sait la probité, l’intégrité, l’honorabilité et l’impartialité dont font preuve les membres du conseil constitutionnel ailleurs dans le monde, il y a l’extérieur du continent, une forte tentation  de mépriser l’Afrique et les africains qui doivent enfin comprendre que « une bonne réputation vaut mieux que de l’or ». Elle ne se décrète pas, elle se mérite et elle s’impose à tous sans tambour ni trompette. 

 Méditons y !

Francis Bidjocka.

Publié dans le Journal La symbiose.









Monday, January 10, 2011

ET SI YVES MICHEL FOTSO N'ETAIT PAS CONDAMNABLE ?


Confronté à l’échec successif de ses différents managers, le président Biya décidera en juin 2000 d’abattre un nouveau joker en nommant à la tête de la Camair Yves Michel fotso, fils et gérant du groupe d’entreprises appartenant au milliardaire Fotso Victor. En procédant de la sorte, Paul Biya tente le pari de confier à un homme d’affaires la gestion d’une entreprise publique en situation de crise. La suite de ces évènements qui semblaient tenir de la success story va tourner au drame avec à la clé une succession de scandales politico-financiers ayant abouti à l’arrestation de Yves Michel Fotso et à la fragilisation de son groupe qui est un des fleurons de l’économie camerounaise. Comment en est-on arrivé là ?


La frénésie médiatique qui a accompagné l’arrestation de l’ex-directeur général de la défunte CAMAIR n’a eu d’égal que l’émoi ressenti par une grande partie de l’opinion publique. La question consiste à savoir si Yves Michel FOTSO est victime d’une cabale ou s’il est commis des malversations dans le cadre de l’Affaire Albatros. Au-delà des faits sensés l’incriminer ou le disculper, il est loisible de démontrer que cette affaire résulte de la légèreté coupable dont ont fait preuve les responsables au plus haut niveau de l’Etat.

Des termes de références flous.

Qui est YMF.

Au moment de sa nomination, YMF est le PDG du groupe Fosto comportant plusieurs entreprises parmi lesquelles SAFCA, UNALOR, PILCAM et la CBC BANK pour ne citer que celles-là. Il est âgé  de .. ans, marié père de .. enfants. Il est diplômé de l’université de .. aux Etats-Unis. Le profil de l’homme est flatteur, mis ne manque pas cependant de failles. En effet, il n’a travaillé que dans l’entreprise familiale et rien ne peut présumer de sa capacité à s’imposer dans un secteur public où le pouvoir ne se mesure pas en terme d’épaisseur du portefeuille ; d’autre part, il n’a pas une grande expérience ni de la gestion d’entreprise en difficulté ni de la gestion dans le secteur de l’aéronautique. Toutefois il semble avoir au moins autant d’atouts que ses prédécesseurs.

Une mission aux contours mal définis.

Il apparaît selon toute vraisemblance que le chef de l’Etat a voulu voir YMF appliquer les méthodes du privé à la résolution des problèmes d’une entreprise publique destinée à une privatisation certaine, ne serait-ce que dans sa gestion quotidienne. Si l’idée est louable dans le fond, elle est moins pertinente dans la forme. En effet, lorsque l’on confie ce genre de mandat à un privé, il faut lui établir un contrat précisant ses missions et surtout l’étendue de ses pouvoirs. Il aurait fallu préciser dans les termes de référence sa mission, c’est-à-dire le type de procédures qu’il devait appliquer,  concernant notamment les transactions avec les prestataires et fournisseurs (système complexe et réglementé des marchés publics ou systèmes des commandes privées plus simples mais plus partial), les procédures financières directes du privées ou celles du public soumises au visa de l’agent comptable, du contrôleur financier et éventuellement de la tutelle). Plus alarmant encore, il apparaît que personne n’a posé le problème pourtant apparent du conflit d’intérêt, ne serait que de la disponibilité en temps qui risquait de se poser entre ses activités de DG de la CAMAIR et du groupe Fosto dont il restait le manager.

De coupables négligences.

La suite de l’histoire montre que YMF a géré la CAMAIR comme un des démembrements du groupe Fotso, et pour cause, il en était un des financiers pour ne pas dire un des actionnaires puisqu’il siégeait au conseil d’administration. Ces agissements ont été menés de façon publique puisqu’on a eu droit à des explications sur les plateaux de chaîne nationale où l’on a pu voir YMF expliquer comment il utilisait l’argent, le poids et la crédibilité du groupe Fosto pour garantir et cautionner les opérations de la CAMAIR. De plus tous les comptes de la CAMAIR étaient logés à la CBC Bank, les comptables et autres experts du groupe y ayant par ailleurs installés leurs quartiers. Or toutes ces opérations constituent des manquements graves aux procédures et règles de gestion tant du public que du privé et ceci notamment en matière de gestion bancaire (règles de la COBAC).

Cette situation a prospéré tant et si bien que la haute hiérarchie, fort des succès enregistrés par YMF vont décider d’accroître ses missions en lui confiant la maîtrise d’œuvre de l’achat d’un avion pour le compte de la présidence de la république. C’est ainsi que les milliards qui manquait pour la restructuration et la remise à flot de la société vont subitement sortir du tel un lapin dans le chapeau  du prestidigitateur. C’est ainsi que près de 24 milliards de francs CFA  seront transférés par la SNH sur les comptes de la CAMAIR domiciliés à la CBC Bank en acompte pour la fabrication par la société Boeing d’un avion dont le coup total s’élevait à environ 52 milliards de francs CFA.

L’origine des problèmes.

C’est le FMI et la Banque mondiale (toujours les étrangers) qui viendront tirer la sonnette d’alarme. Ces derniers s’opposent à ce que le chef de l’Etat puisse acquérir un avion aussi coûteux alors que le pays est sous ajustement structurel. Ils menacent de bloquer les programmes en cours. La partie camerounaise s’incline officiellement et adopte une stratégie typiquement camerounaise de contournement des règles qui va la conduire à imaginer des solutions abracadabrantesques. Et c’est à YMF que l’on va demander de masquer cette opération en s’abritant  derrière des sociétés écrans. Or qui dit sociétés écrans dit malversations financières, paradis fiscaux, blanchiment d’argent, revenus occultes, etc. A tout cela s’ajoute le jeu des éléphants et autres barons qui se succèdent à la présidence de la république, chacun y allant de son influence, des ses sensibilités et des ses intérêts. Voilà comment la vache malade qu’était la Camair va se voir téter non plus son lait, mais son sang.

Des conséquences politico-financières incalculables

Les conséquences ont été à la mesure de l’échec et du manque d’inspiration qui a caractérisé la nomination de YMF. De toute façon il faut dire qu’en la matière, le chef de l’Etat a souvent eu la main malheureuse en termes de choix des collaborateurs, même s’il en a été autrement dans domaines comme le football. Le premier a en subir les effets a été bien sûr (à tout seigneur tout honneur), Mr Paul BIYA qui a expérimenté une des plus grosses frayeurs de sa vie après avoir risqué d’y périr avec femme et enfants. S’il en a été ainsi pour le bois vert, paraphrasant ici Jésus Christ, qu’en a-t-il été du bois sec ? Eh bien il a été paisiblement ramassé, collecté et mis au feu de la geôle de Kondengui, alimentée périodiquement par un nouvel apport de bois dont YMF n’est pas le dernier. Au-delà du fâcheux incident survenu dans l’albatros, que reproche t-on aux protagonistes de cette affaire et notamment à YMF ?

Des opérations financières douteuses.

Il ressort de toute la complexité de ces dossiers tels qu’ont pu les mettre en les rapports  produits ça et là par des cabinets de consultants recrutés, au vu des investigations et enquêtes menées par la presse ainsi qu’à l’analyse des procédures judiciaires en cours tant au Cameroun qu’en Suisse et aux états unis, que les opérations menées par YMF dans le cadre de la gestion de la camair et de l’achat de l’Albatros ne sont pas au dessus de tout soupçon. Toutefois, il est évident que la manifestation de la vérité dans ce type d’affaire demande beaucoup de temps et d’expertise. Si les faits dont on accuse les autres personnes incarcérées dans la cadre de ce dossier sont moins bien cernées, il n’en reste pas moins vrai son passage à la CAMAIR lui a ouvert les portes de la finance et de la spéculation financière internationale qui a donné une nouvelle dimension à ses activités. L’homme d’affaires ne s’effacera jamais devant sa casquette d’agent public.Moralité : « on ne saurait demander à un loup de veiller sur une bergerie sans qu’il prenne un peu plus d’embonpoint ». Toutefois de nombreux arguments militent en sa faveur.


Pourquoi YMF ne devrait-il pas être condamné.

Premièrement, il n’avait demandé à personne de venir le chercher là où il se trouvait dans le Groupe Fotso, occupé à agrandir l’empire que lui a laissé son père (il faut remarquer qu’entretemps le groupe Afriland l’a quasiment surpassé et que son implantation internationale a été brutalement freinée).

Deuxièmement, on ne lui a pas demandé de se défaire de ses autres responsabilités de dirigeants d’entreprises afin d’éviter les conflits d’intérêts. On ne l’a pas non plus empêché d’utiliser l’argent de son groupe pour financer les opérations de la Camair afin d’éviter les prises illégales d’intérêts, la concussion, etc.
Troisièmement, on lui a confié l’achat de l’avion présidentiel ce qui ne fait pas normalement partie des missions d’une compagnie de transport aérienne fut-elle nationale ? On a jamais sollicité de telles missions quant il s’agit des véhicules présidentiels. C’est aux services de la présidence qu’il appartenait de le faire, selon les lois et règlements relatifs à la commande publique.

Quatrièmement, on lui a demandé de se livrer à des montages financiers occultes pour le compte de la présidence ce qui n’était pas non plus son rôle. C’est aux services secrets de monter des opérations que l’on pourrait classer dans le cadre de la souveraineté nationale. Cela aurait évité d’étaler sur la place publique ce type de dossier qui n’honore pas le Cameroun.

En conclusion, il apparaît donc clairement que c’est au chef de l’Etat et à tous ses collaborateurs concernés qu’il appartient de rendre des comptes et de dire pourquoi ils ont confié à un hommes d’affaires la gestion d’une entreprise publique sensible, sans en définir des termes de références en adéquation avec l’orthodoxie des finances publiques tels qu’enseignée à l’ENAM. Il faudrait aussi expliquer pourquoi lui avoir confié des missions occultes qui ne cadraient pas avec son statut de privé. Cette affaire Albatros traduit simplement un sérieux problème de gouvernance qui affectent tous les pans de notre administration et donnent accès à tous genre d’affairisme. Vivement de la rigueur dans la gestion  de la chose publique.

Francis Bidjocka

Publié dans le journal La Symbiose 

Wednesday, August 25, 2010

TOUCHE PAS A MON MARIAGE!


De plus en plus nombreux sont les pays qui adoptent non seulement des lois de légalisation du mariage entre personnes homosexuelles, mais encore des lois permettant à ces couples d’adopter des enfants. Nous devons tous nous mobiliser contre ces infamies car les esprits perspicaces admettent avec Edmond Burke que "La seule chose qui permet au mal de triompher est l'inaction des hommes de bien


Le mariage est le foyer de la vie, de l’amour, de la joie, de la sécurité, de l’entraide et de toutes les valeurs de la famille. Le maintien et la sauvegarde de valeurs précieuses sont des tâches de tous les instants. On voit ainsi comment les viniculteurs s’associent afin de protéger la qualité et les caractéristiques du vin. On parle de vins d’appellation contrôlée ; il en de même pour ce qui concerne des produits tels que le fromage ou le chocolat.

Malheureusement, ce qui est vrai et fondé pour les produits commerciaux ou industriels ne l’est pas en ce qui concerne les produits de l’humanité. Il est ainsi étonnant de constater que des unions contre nature, déviantes et perverses puissent se prévaloir du label « mariage ».

La vie ne peut découler que d’une différenciation des sexes, tout au moins pour ce qui est du règne animal. Aucune vie ne pouvant naître d’union d’individus de mêmes sexes, la nature n’a donc prévue aucune possibilité d’accouplement, de fécondation, de procréation dans ce cas de figure, mais plutôt dégénérescence, destruction et disparition.

Une question demeure sans réponse pour plusieurs : comment deux êtres de même sexes peuvent-ils s’accoupler ? Leurs organes sexuels peuvent ils s’interpénétrer (le cas des hommes) ? Comment leurs cavités creuses font-elles pour se combler (cas des femmes) ?
Si deux personnes veulent se livrer à leurs passions infâmes[1], qu’ils le fassent en créant leur propre label comme ils l’ont fait  en se nommant « gays », mais de grâce qu’ils arrêtent d’utiliser le mot mariage qui est une « appellation contrôlée et protégée ».

Le mariage c’est un homme et une femme, un mari et une femme, un époux et une épouse. Si cela devait être remis en cause pour faire plaisir à des homosexuels, alors il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. On verra bientôt des adeptes de la masturbation ou du narcissisme réclamer le droit de se marier avec eux-mêmes tant ils s’auto aiment. Puis ce sera aux zoophiles de vouloir se marier avec des animaux et plus tard on verra même des gens se marier avec des poupées sexuelles.

Lorsque deux personnes de même sexe désirent se marier, y a-t-il demande de main aux parents, remise de dot, y a-t-il des gendres, des bru, y a-t-il  des  témoins de l’époux et de l’épouse ? Comment se présente le livret de famille : y a-t-il des places réservés pour la descendance ?  De plus l’on entend parler de droit d’adoption. Il faut vraiment haïr un enfant pour qu’à douleur de la perte de ces parents biologiques on ne puisse lui offrir à la place que deux personnes aussi détraquées. Quels repères peut on ainsi donner à de tels enfants qui sont déjà désaxés et déséquilibrés surtout lorsqu’on sait qu’ils ont parfois du mal à s’épanouir même dans des familles normales.

Le mariage est une institution divine et sacrée qu’il faut préserver contre toute forme d’immoralité « que le lit conjugal soit sans souillure ». Le mariage est le lieu où Dieu révèle son plan d’amour. Il nous y apprend l’unité dans la différence, l’harmonie dans la pluralité, la complémentarité dans l’opposition. Le mariage est le cadre que Dieu a prévu pour manifester et nous faire partager son plan d’amour. Et le fruit du mariage apporte la vie et crée la vie parce qu’elle la porte en elle. Alors disons tous en chœur : touche pas à mon mariage !

"Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire."
Albert Einstein

Francis BIDJOCKA


[1] Romains 1:18-28 (La Sainte Bible).

Thursday, April 22, 2010

EMBELLISSEMENT DE NOS VILLES : AU DELA DU DECORUM

 A ce jour, ce sont plus de 100 milliards de francs CFA octroyés par le Contrat Développement Désendettement (C2D), à travers son volet contrat ville, qui ont été investis pour la rénovation des villes de Yaoundé et de douala Au-delà du décorum et selon l’approche coûts bénéfices, il importe d’en  mesurer les effets sur le plan du développement entendu comme une amélioration générale du bien-être.


Le touriste qui a visité Yaoundé et Douala il y a quelques années serait certainement surpris  de constater le coup de neuf qu’ont subi ces deux villes. Constructions de nouvelles avenues dans le périmètre urbain, aménagement des ronds points et jardins publics, disparition de plusieurs taudis, ramassage systématique des ordures et même balayage des rues.
Voies à double sens à l’entrée de la ville et reconstruction des principales routes ont redonné à la ville de Douala un peu de son lustre d’antan. Si l’état de ses routes était nettement meilleur, la ville de Yaoundé  se caractérise plutôt par une série de réalisations de prestige à l’instar du bois de bois sainte Anastasie (jardin aménagé au cœur de la ville), de l’échangeur « compliqué » du rond point de la préfecture, des travaux d’embellissement des ronds points, des trottoirs et terre-pleins

La fleur ne fait pas le développement.
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L’impact de ces investissements massifs sur le développement socio-économique dans nos villes ne saurait uniquement s’apprécier à l’aune des travaux d’embellissement de nos métropoles. Que sert-il d’avoir des fleurs grassement arrosées si les gens meurent de pauvreté dans les rues ?
L’activisme de nos délégués du gouvernement auprès des communes urbaines et notamment pour celui de 
Yaoundé a été particulièrement visible tant elle s’est bruyamment manifestée par des casses aussi spectaculaires que cruelles, par la traque des moto taximen et autres débrouillards du périmètre urbain.
Le développement se mesure à partir des indicateurs tels que l’accès au logement, à l’éducation, aux soins de santé, à la ration journalière  minimale, etc. Or de ce point de vue, l’on peut dire que l’action de Mr TSIMI EVOUNA (délégué du gouvernement de Yaoundé) est un exemple patent de ce que l’on pourrait qualifier de d’embellissement appauvrissant dans la mesure où elle a eu un impact social négatif. Pourtant, il aurait été possible de faire autrement et mieux.

Des pouvoirs publics défaillants.

La rapidité avec laquelle sont conduit les travaux de rénovation de la ville Yaoundé témoigne du manque de perspective pluridimensionnelle de ses auteurs qui semblent n’avoir été guidés que par la sourde logique de la brique et du marteau.
Une ville est un espace de vie qui se construit sur plusieurs dimensions tout en respectant les réalités sociales culturelles et économiques des membres de la communauté. Il est clair que l’urbanisation de nos cités est allée plus vite que l’action des pouvoirs publics. De nouveaux quartiers se sont développés sans qu’aucune infrastructure n’ait été mise en place du fait de l’Etat. C’est ainsi que des marchés se sont développés, des centres de santé et des écoles ont fleuri, sans parler des terrains de football improvisés sur aires privées.
Il est clair que l’Etat camerounais a été dépassé par les évènements et les citoyens ont assumé leurs responsabilités en essayant d’organiser leurs conditions d’existence.
Et voilà qu’à la faveur des financements PPTE, censés lutter contre la pauvreté, c’est plutôt la lutte contre les pauvres qui a été menée. A titre d’exemple, la commune urbaine de Yaoundé a crée une compagnie de taxis VIP, construit une cité haut standing, plusieurs restaurants huppés (le repas à 6000 FCFA), des boutiques de luxes et de nouvelles boutiques qui se négocient à coups de millions de nos francs.
Or, le rôle d’un exécutif municipal est tout d’abord d’apporter des solutions aux problèmes que rencontrent les membres de la communauté dans leur vécu quotidien. Il s’agit de faciliter l’accès au logement notamment pour les plus démunis, de développer une politique sociale dans les domaines de la santé, de l’éducation ou du sport.

C’est la première fois de l’histoire moderne que l’on voit des services municipaux se substituer aux privés pour promouvoir des investissements lucratifs sans aucun impact social.

Des solutions intelligentes pour le  bien commun.

Pourtant des solutions existent pour peu qu’on se donne la peine de réfléchir. Il aurait ainsi été possible d’imaginer des solutions ou tout le monde aurait été gagnant. On aurait ainsi pu démolir certains ghettos situés en plein centre urbain tout en minimisant les ressentiments. Procédons à la simulation suivante. On veut démolir le quartier d’élig-edzoa  et l’on décide de dédommager les propriétaires de chaque parcelle à hauteur par exemple de 20 000 francs le mètre carré que l’on pourrait revendre à plus du double à des particuliers et opérateurs immobiliers. Ceci permettrait la reconstruction par les privés de nouveaux quartiers modernes dans le centre ville. Au même moment la commune aurait pu acquérir des terrains à coûts moindres dans la périphérie, les viabiliser pour y recaser les personnes délogées. Voilà un exemple de solution gagnant gagnant où tout le monde aurait trouvé son compte. La commune aurait vu les ghettos disparaître en y tirant des recettes, les opérateurs économiques auraient eu des opportunités d’investissements et ceux des ghettos se seraient vus offrir une chance de relancer leur vie dans un cadre amélioré.
Des solutions analogues auraient permis de construire des bibliothèques municipales, des aires de sport, et de construire des habitat sociaux et pourquoi pas d’organiser un  service de soupe populaire pour les plus pauvres. «  Aucune œuvre humaine ne peut marquer l’histoire si elle ne met l’homme au centre de ses préoccupations » Les fleurs, le béton et le macadam n’y arriveront pas.

FRANCIS BIDJOCKA